Chaque méthode comporte généralement les éléments suivants : 1- un nom
spécifique, 2-une échelle de
niveaux ascendants, 3- un
éventail de techniques (gongfa) (gymnastique, respiration, méditation en
position assise, debout ou allongée, mantras…, 4- un environnement
symbolique : les noms des postures sont souvent tirés de la tradition
chinoise, 5 – un enseignement théorique (gongli), souvent exposé simple
des notions de base tirées de la tradition (cosmologie chinoise
traditionnelle, médecine, taoïsme, arts martiaux, bouddhisme,
scientisme, confucianisme) (p.99).
Les lignées de masse.
Les grandes lignées de
masse sont : YANG Meijun
(1903 -), et le « Qigong de la grande oie » [Dayan qigong] est de
filiation taoïste, donc non rattachée à médecine chinoise. C’est l’image
de l’héritière d’une lignée ancestrale et détentrice de pouvoirs
magiques (p.104-106). ZHAO Jinxiang
(1936- ) et l’« Envol de la grue »[Hexiang
zhuang]. Cette méthode provoque la transe du « qigong des mouvements
spontanés » (p.107). LIANG Shifeng
)1942- ) et le « Qigong des mouvements spontanés du Jeu des cinq animaux
» [Zifa wuqinxi donggong]. Cette méthode du champion des arts martiaux
est fondée sur l’idée que le nombril « champ de cinabre » est la racine
de la vie sur lequel il faut se concentrer et en appuyant à répétition
sur celui-ci avec son doigt (p.107-108). MA
Litang (1903- ) et le « Qigong nourrissant ». Ce maître d’arts
martiaux enseigne une série de méthodes de qigong assis, debout, allongé
et ambulatoire et la « formule en six caractères » (p.108-1090.
WEI Ping’an (1935- ) et le « travail
intérieur de Shaolin de la contemplation du doigt » [Shaolin neijin
yizhichan]dérivée des arts martiaux. En 1964 il étudie le taijiquan de
style Yang avec ZHANG Yonghe. (p.109-110).
L’idée du paranormal ou
des fonctions exceptionnelles.
L’idée du paranormal ou
des fonctions exceptionnelles et du qigong propose donc une idéologie
nationaliste de la rédemption de la Chine par une nouvelle révolution
scientifique déclenchée en Chine mais aux répercussions mondiales
(p.145). La stratégie de légitimation consiste donc à faire des
expériences en laboratoire et obtenir l’aval de scientifiques de renom,
puis de s’organiser selon le modèle de la communauté scientifique
(p.148). On parle alors de parasomatologie, car l’activité mentale
censée déclencher ces phénomènes n’étant qu’une manifestation du
fonctionnement somatique pris comme un tout. Cela conduit QIAN Xuesen à
proposer, dans un contexte marxiste, trois principes de recherche sur le
qigong afin de le faire passer l’état de pré-science au statut de
science véritable :
1.
Se fonder sur l’expérience des pratiquants de qigong et sur les
changements objectifs observés lors de la thérapie par le qigong,
2.
À un niveau plus élevé, synthétiser l’expérience des maîtres de
qigong sur cette base, rédiger des manuels pour l’enseignement du
qigong,
3.
À un niveau encore plus élevé, étudier et arranger les textes
théoriques du qigong (p.132).
Toute cette effervescence
sur le « qi externe » et les fonctions paranormales ont amené les
chercheurs à formuler 7 théories explicatives (Photons, matière vitale,
fonctions ATP, système nerveux endocrinien et central, les cellules
vivantes, adsorption d’électricité) (p.134-135). Sur les entrefaites,
Herbert BENSON, le spécialiste de l’effet de relaxation, visite en
juillet 1983, le sanatorium de Qigong de Beidaihe.
L'expansion des
institutions.
Les institutions
continuent leur croissance. En juillet 1985, Mme FENG Lida fonde
l’Institut de recherches en immunologie pour étudier l’effet du qigong
sur le système immunitaire (p.159) En 1987, ZUO Lin et GUO Zhouli
créent l’Association chinoise pour l’étude du qigong sportif, et ZHANG
Zhenhuan dirige la nouvelle Association chinoise des sciences somatiques
(p.166). Puis en mars 1988, naît à Singapour la Fédération
internationale de la science du qigong, présidée par WU Shaozu, avec la
revue officielle « Qigong et Sports »dont le siège social déménagera à
Xian en 1989 (p.169). En octobre 1988 se tient à Pékin le 1er
congrès international de qigong médical (p.171).
En août 1982 s’organise
le premier cours officiel de qigong depuis la Révolution culturelle.
Animé par LIN Housheng et d’autres experts de l’Institut de recherches
en médecine chinoise de Shanghai, la formation, tenue au mont Lushan,
comprend la théorie de base du qigong, l’histoire du qigong, les
principes et méthodess de la pratique, ainsi que six méthodes d’écoles
différentes : le « qigong robuste en position debout » de LIU Guizhen,
le « Qigong de la grande oie » de YANG Meijun, le « Travail intérieur de
Shaolin », la « Méthode en six étapes » et les « Dix-huit Postures du
qigong du taiji ». Entre 1985 et 1996, plus de 500 000 personnes seront
formées (p.173).
Éléments biographiques
sur LI Hongzhi (fondateur du falungong), YAN Xin, ZHANG Hongbao
(fondateur du zhonggong), CHEN Linfeng (fondateur du "Qigong de
l’origine de la sagesse Huiyuangong)" (p.187-200).