Prendre la « Chine » par les cornes
par Pierre
Racicot, Ph.D.
Lors de l’annonce de la politique d’innovation
du Gouvernement du Québec, le Premier ministre Charest déclarait qu’il est,
maintenant, possible pour le Québec « de battre la Chine » à la condition de
concentrer nos efforts dans quelques créneaux. À raison, il voit qu’une de nos
forces réside dans notre capacité à nous mobiliser d’autant plus facilement que
nous sommes peu nombreux au Québec.
Encore faut-il que les contribuables perçoivent
que les bénéfices de cet effort financier, un milliard deux cent millions de
dollars en trois ans, retombent sur l’ensemble de la société québécoise. Or, il
n’y a pas de garantie que les sommes accordées à la recherche-développement
(R&D) se traduisent en croissance de marché si la politique d’innovation ne
s’articule pas dans le redéploiement économique du Québec.
Comment s’assurer que les sommes affectées à la
R&D contribuent au redéploiement de l’économie québécoise ?
L’organisation et la tenue d’un Forum
économique entre le gouvernement du Québec et celui de la province du Shandong
(90 millions de personnes), c’est-à-dire, avec le partenaire incontournable
qu’est la Chine, donnerait à tous les acteurs concernés un cadre de mobilisation
pour amorcer le redéploiement économique du Québec.
Forum Québec-Shandong
Les avantages de tenir un Forum avec le
Shandong sont nombreux. Il nous donnerait un cadre familier dans lequel peut se
déployer l’une de nos forces : la concertation. Aussi, il nous obligerait à
cultiver notre attitude dynamique, fonceuse et entrepreneuriale indispensable
pour agir dans la conjoncture actuelle.
De plus, le forum nous obligerait à reconnaître
nos forces avec un interlocuteur sympathique et de taille qui nous indiquerait
ses besoins et son potentiel, informations indispensables pour le développement
du Québec.
Plus qu’un redéploiement économique : un
destin commun
En 1750, l’Asie était dominante et réalisait 70
% du commerce de la planète. En 1900, elle n’en représentait plus que 12 %
[1].
Aujourd’hui, la part des États-Unis représente 21 % du commerce mondial alors
que celle de l’Asie est estimée à 30 %[2],
selon le président de la Banque asiatique de développement.
Cette nouvelle tendance est un retour de
balancier qui marquera notre économie pour les prochaines années. La Chine en
est le moteur. Apprendre à travailler avec la Chine, c’est apprendre à
travailler avec notre nouveau voisin…et il serait de loin préférable que nous le
fassions en concertation avec les Chinois qu’en ordre dispersé.
Le gouvernement chinois sait que le modèle
occidental de consommation (et, en conséquence, le sien) n’est pas soutenable et
équilibré. Il cherche, comme le reste de la planète, des solutions. En somme,
avec le Shandong, à notre échelle, nous avons un destin commun.
Dans cette perspective, la rencontre entre le
Québec et la province du Shandong contribuerait au redéploiement économique du
Québec et à la prospérité en construisant un modèle de développement plus
durable et mieux équilibré.
Conseiller spécial du Forum économique Québec
(région)-Xi’an-Changchun (2001),
[1] S. Golud, Philip (2006), « Quand
la Chine et l’Inde dominaient le monde », Manière de voir 85, Le Monde
diplomatique, Jusqu’où ira la Chine, fév.-mars 2006, p.11.
[2] Desrosiers, Éric, « L’Inde et la
Chine doivent être à la table des grands », Le Devoir, jeudi 8 juin 2006,
p.1.
"Les relations du Québec avec la Chine de 1650 à 1950. L'auteur est
docteur en histoire et enseigne l'histoire de l'Asie dans
différentes universités québécoises. Les missionnaires y ont joué un
rôle de premier plan, que ce soient les jésuites du 18e siècle, à
l'origine du commerce du ginseng, ou les religieux chassés par les
communistes. Ces missionnaires ont eu une influence déterminante sur
le refus du Canada à reconnaître le gouvernement communiste durant
les années 50 et 60. Il est également question de maintes figures
québécoises importantes qui ont eu un certain rapport avec la Chine
: HONORÉ Beaugrand, Alain Grandbois, Adolphe Chapleau, Wilfrid
Laurier, Norman Bethune, Pierre Trudeau et René Lévesque.Cet ouvrage
contient beaucoup de données étonnantes pour les lecteurs intéressés
par la Chine."
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Première édition 29 avril 2007
Modifiée le
07 September 2007