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Trucs et astuces pour apprendre le chinois
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Texte 10. Jacques Fournet, Guadeloupe
Grâce à la combinaison de trois dictionnaires
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Grâce
à la combinaison de ces trois dictionnaires, je n'ai pratiquement jamais eu d'échec dans
mes recherches de caractères: Chinois-Français moderne Xiandai Han-Fa
Cidian; ABC
Chinese-English Dictionary; Zhonwen zi pu, Chinese characters, A Genealogy and
Dictionary
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N.D.L.R. Jacques Forget m'a fait parvenir des commentaires
intéressants sur un logiciel, une grammaire et des dictionnaires mentionnés sur d'autres
pages. Vous retrouverez ses commentaires ci-dessous. Comme je trouvais un peu exotique
qu'un français apprenne le chinois en Guadeloupe, je lui ai demandé de bien vouloir
partager son vécu pour le bénéfice des visiteurs de ce site. Ce qu'il a gentiment
accepté de faire. Michel Parent.
Voici quelques informations sur ma démarche.
Bien que "métropolitain", je vis à la Guadeloupe depuis 1964. J'ai toujours
été passionné par les langues. Durant mes études, j'ai appris l'anglais et l'allemand.
Plus tard, à l'occasion d'un voyage en Scandinavie, j'ai appris le suédois, par
Linguaphone, à l'époque avec des disques 78 tours, ce qui n'est pas difficile quand on a
fait de l'anglais et de l'allemand. J'ai eu très tôt envie de voir à quoi ressemblaient
les langues non européennes, en tout cas non indo-européennes. C'est ainsi que je me
suis intéressé un temps, avec l'aide d'un stagiaire africain, au bambara, une langue du
groupe mandingue, typiquement "agglutinante", ce qui est très dépaysant au
départ. Par exemple "celui qui a le panier de poisson" devient
"poisson-panier-possesseur".
C'est en 1970, lors d'un séjour à Paris, que je suis tombé par hasard chez Gibert sur
une vieille méthode de Chinois, en anglais, qui devait dater de 1930. On y apprenait
comment un européen devait s'adresser à ses serviteurs indigènes !. J'ai décidé de me
lancer.
A l'époque, Assimil n'avait pas encore sorti sa méthode de chinois, et
je me suis donc à nouveau adressé à Linguaphone : 30 leçons, en 30 disques 78 tours !
Avec une progression vertigineuse de difficulté, et pratiquement sans aucune véritable
explication grammaticale. On mentionne qu'il ne faut surtout pas essayer de décortiquer
la phrase chinoise, mais l'apprendre globalement ! On pense alors à Ingrid Bergman, dans
l'Auberge du 7e bonheur, récitant l'évangile à ses convives sans comprendre ce qu'elle
disait. Néanmoins, j'ai acquis un certain vocabulaire, et une prononciation assez
correcte. Il y avait bien quelques bizarreries que je ne m'explique toujours pas :
pourquoi le caractère hai/huan (haishi, haiyou, tuihuan...) était-il toujours prononcé
huan ?. Et puis bien sûr, la méthode datait de plusieurs lunes avant la simplification,
si bien que l'effort nécessaire à la mémorisation de plusieurs des caractères courants
était important.
Plus tard, j'ai acheté la méthode de DeFrancis (déjà lui !) pour «Intermediate Chinese
Reader». Je
n'étais déjà plus un débutant ! Excellente méthode, très fouillée, malheureusement
en caractères classiques. De nos jours il existe peut-être une version avec les
caractères simplifiés? Plus tard encore, j'ai acheté la méthode Assimil, qui a
tout de même le gros avantage d'être en français, et que j'utilise toujours pour
"réviser". Je ne m'étais jamais servi des cassettes. Ce n'est que tout
récemment que je me suis mis à les écouter en conduisant. J'ai eu la bonne surprise de
constater que je comprenais à peu près tout. Ce n'est pas pour autant, hélas, que je
comprends le chinois à la radio ou à la télévision ! Mais, sur CNN, je ne comprends
guère plus les américains et leur accent de canard, seulement les anglais !
Les instruments modernes, comme RichWin,
et comme Internet, offrent des possibilités d'apprentissages extraordinaires, dont on
n'aurait pas pu rêver il y a seulement 20 ans. On peut télécharger des articles de
journaux ou d'autres textes et les traduire à tête reposée.
Récemment, une collègue de l'INRA qui s'occupe de plantes ornementales, avait commandé
des photocopies d'articles concernant des plantes nouvellement décrites en Chine. Elle
fut tout étonnée de constater que ces articles étaient en chinois, seuls les noms des
plantes étaient en latin. Elle s'est adressée à moi, en tant que botaniste et
"sinologue". Grâce aux trois dictionnaires dont j'ai déjà parlé (voir
ci-dessous), je n'ai pas eu beaucoup de difficultés à en faire la traduction. D'autant
plus qu'il s'agissait du même style télégraphique que nous connaissons en occident pour
la description des plantes. Les seuls problèmes un peu épineux concernant les noms
propres : le chinois n'a pas de majuscules! En général, lorsqu'on n'arrive pas à
traduire de façon satisfaisante un groupe de caractères, c'est qu'il s'agit d'un nom
propre, et il faut alors trouver lequel. Heureusement, le dictionnaire de DeFrancis est
riche en noms propres, de même que le dictionnaire incorporé à
Richwin. C'est ainsi que
j'ai pu trouver que "Xilibasi", complètement incompréhensible, signifiait
"Célèbes", île d'Indonésie (Sulawesi en indonésien).
Quant à l'exotisme que vous évoquez, il y a mieux. Le seul professeur de chinois que je
connaisse ici à la Guadeloupe, est un Zaïrois qui a fait ses études à Shanghai! Je
n'ai pas assisté à ses cours qui, si j'ai bien compris, étaient pour des débutants.
Vous avez peut-être entendu parler de ces naufragés chinois, candidats à l'immigration
clandestine aux États-Unis, recueillis par les gardes-côtes français en novembre
dernier lors du cyclone Lenny ? Je suis scandalisé de la façon dont ils ont été
traités ici à la Guadeloupe, de la part d'un peuple qui se prétend pourtant
"accueillant". Certains se sont enfuis, et se sont noyés...
Pour terminer sur une note moins triste, j'ai rencontré un jour, en allant à la
plage, une demi-douzaine de ces chinois. En les croisant, je leur ai lancé "Nimen
hao !". Ils ont ri, et m'ont répondu "Ni hao !". Mais le dernier, en
passant à ma hauteur, m'a dit "ça va ?".
Cordialement,
Jacques
Fournet, Guadeloupe.
Juillet 2000
INRA, Centre Antilles-Guyane
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Quelques
aventures avec Richwin
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Richwin
est excellent, mais le service clientèle laisse un peu à désirer: j'avais acheté en
janvier 98 Richwin 97 pour Internet, et je n'ai jamais reçu accusé de réception de mon
enregistrement. Plus grave: ce logiciel donne satisfaction sous Windows 3.1 et sous
Windows 95. Mais il ne fonctionne pas sous Windows 98. Comme j'avais un nouvel appareil
sous Windows 98, je me suis adressé à Richwin, qui m'a simplement proposé de me vendre
un autre logiciel, sans me proposer une mise à jour, ni même un prix préférentiel. Je
trouve que c'est un peu léger !
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Des
commentaires sur une grammaire et trois dictionnaires
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Le
Memento
grammatical du chinois moderne est excellent. Seul défaut : la prononciation
pinyin des exemples n'est pas donnée. En outre, si l'analyse grammaticale est subtile,
elle l'est parfois un peu trop, et certaines phrases pourraient être parfois analysées
plus simplement. En revanche, des développements très utiles, souvent négligés
ailleurs, comme par exemple sur les particules, les interjections, certains verbes
auxiliaires (neng, keyi, keneng, hui), etc.
Un dictionnaire en français:
Chinois-Français moderne (Xiandai Han-Fa Cidian).
Cosmos Books, Hong Kong 1978, 18.000 entrées, 766 pages.
Bien
que de Hong Kong on y utilise les caractères simplifiés avec une table de correspondance
pour la forme traditionnelle à la fin. Pour la recherche on y utilise seulement le nombre
de traits et la direction du premier trait. Il n'est pas question des radicaux, mais c'est
parfois intéressant quand le radical n'est pas évident. Un plus : le spécificatif des
noms est souvent indiqué, malheureusement pas systématiquement.
Deux dictionnaires en anglais (on ne peut guère l'éviter) :
1. La référence "incontournable" est le monument admirable de John
DeFrancis:
ABC
(Alphabetically Based Computerized) Chinese-English Dictionary, University
of Hawaii Press, 1996, 71486 entrées: 3478 monosyllabiques et 68908 polysyllabiques, 897
pages.
Un reproche : les caractères qui n'apparaissent jamais seuls, ni en
première syllabe, ne sont pas listés dans les entrées monosyllabiques. Il compte
plusieurs appendices d'une grande utilité :
Basic rules for Hanyu Pinyin orthography
Analytic summary of transcription systems
Wade-Giles/Pinyin comparative table
PY/WG/GR/YR/ZF comparative table
Radical index of traditional characters
Kangxi radical chart
Kangxi radical index
Stroke order index of characters with obscure radicals
Radical index of simplified characters
Simplified/Traditional Radical conversion chart
Cass radical chart
Cass radical index
2. Rick Harbaugh , parallèlement à son excellent site zhongwen.com, a publié en 1998: Chinese
Characters: A Genealogy and Dictionary, Zhonwen zi pu, Far Eastern Publications,
Yale University, 545 pages (12.92 U$)
Malheureusement basé sur les caractères traditionnels1 dont l'auteur est un
farouche défenseur, mais le caractère simplifié est indiqué entre parenthèses. Plus
de 4.000 caractères y compris ceux qui n'interviennent jamais seuls ni en première
syllabe. Cette particularité complète excellemment le dictionnaire de
DeFrancis. La
recherche peut s'effectuer par signification en anglais, ce qui en fait aussi un mini
dictionnaire anglais-chinois; par ordre alphabétique pinyin; par nombre de traits des
caractères classiques hélas; par radical Kangxi, bien sûr; et selon 182 listes
"généalogiques" qui font l'originalité de cet ouvrage. Cette
classification "généalogique" même si elle est parfois un peu contestable
demeure intéressante. Bien que déroutante au départ, elle facilite incontestablement la
mémorisation des caractères... non simplifiés. Mais tous les caractères ne sont pas
simplifiés, par exemple: san (trois): Ideograph representing heaven, earth and
humanity;
an (paix): woman under a roof; et d'autres beaucoup plus compliqués et parfois sans doute
"inventés". Mais peu importe, si cela permet de mémoriser. Un très gros
avantage de cet ouvrage est que sont listés sous un caractère non seulement les
composés où ce caractère apparaît en première syllabe avec la traduction, mais
aussi ceux où il n'est pas en première syllabe, mais cette fois sans prononciation ni
traduction, le tout avec un renvoi à la position généalogique de la première syllabe
du composé. Ainsi sous xiang4,1 on a non seulement xiang1hu4 (mutuellement), mais aussi
en caractères zhao4xiang4, ainsi en se reportant à zhao4, on trouve
"photographier".
Ces deux derniers dictionnaires peuvent s'acheter sur Internet en particulier à
Amazon.com, à des prix étonnamment bas: 170 FF pour le dictionnaire de
De Francis.
Grâce à la combinaison de ces trois dictionnaires, je n'ai pratiquement jamais eu
d'échec dans mes recherches. Dans l'espoir que ces indications vous seront utiles.
Cordialement.
Jacques Fournet
1. N.D.L.R. Rick Harbaugh a commencé à travailler il y a
plusieurs années sur son dictionnaire alors qu'il était étudiant gradué à la National
Taiwan University. Il enseigne actuellement l'économique et la stratégie à la Yale
School of Management. |
Des
ajouts concernant la grammaire et le tome 2 de Bellassen (Mai 2001)
Je
me permets de vous signaler quelques livres intéressants que j'ai
trouvés chez Gibert au cours d'un séjour en métropole le mois
dernier. Ce ne sont pas des nouveautés toutes fraîches, mais je ne
les connaissais pas. Je viens de voir sur votre site que vous n'avez
pas beaucoup de renseignements sur les ouvrages de Bellassen et
compagnie
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Chinois
Mode d'emploi. Grammaire pratique et exercices. Joël
Bellassen, Tching Kanehisa & Zhang Zujian. Editions You Feng, 376
p. (1996). Enfin un
ouvrage en français assez complet (nettement plus que
les 2 livres
d'Assimil,
par ailleurs très bons pour débuter), non rébarbatif, et qui donne
des tas d'indications que je n'avais jamais trouvées ailleurs avec
autant de détails (par exemple la différence d'emploi des 2 verbes
"zuo", faire, ou de "neng" et de "keyi"
; ou les emplois de "le" suffixe verbal et "le"
particule de fin de phrase ; ou encore la différence entre "huo"
et "haishi", etc...). Il y a de plus des exercices, en
particulier sur les fautes à éviter ("guérir" les phrases
malades), bien adaptés aux étudiants francophones (ne pas dire
"shenme tian ?" mais "na tian ?"ni "ta shuo
hanyu hen hao", mais "ta shuo hanyu shuode hen hao",
etc...). Il y a des exercices de thème et de version, avec correction
à la fin du livre. Un autre point positif est que chaque leçon est
divisée en une partie assez élémentaire et une partie "si vous
voulez aller plus loin". Le seul point négatif est qu'il y a
quelques fautes, sans gravité, qui ne sont pas toutes - et de loin -
signalées dans la feuille d'errata jointe. Une erreur assez grave
cependant : il est dit à tort que lorsque deux 3e tons se suivent, le
premier est prononcé en "demi-3e ton" (ton bas uniforme),
alors qu'il doit être en fait prononcé comme un 2e ton, tout le
monde sait ça ! Prix : 190 F. Il y a aussi des cassettes audio, que
je n'ai pas achetées. |
Perfectionnement
à la Langue et à l'Ecriture chinoises. Tome 2. Joël
Bellassen et Zhang Pengpeng. Editions "La Compagnie", 351 p.
(1991).
En
25 leçons, qui comprennent chacune : 1) un texte (répété à la fin
de l'ouvrage en caractères non simplifiés), 2) une présentation du
vocabulaire relatif au texte (parfois un peu insuffisant), 3) une
partie (très intéressante) d'emploi de ce vocabulaire, en plusieurs
phrases à chaque fois (présentant les différents sens et
éventuellement les diverses constructions possibles), sans
traduction, 4) une présentation des caractères ("sinogrammes")
nouveaux, avec leurs combinaisons principales, (sans le pinyin) qui ne
sont traduites que dans le lexique à la fin de l'ouvrage (ce qui
suppose que l'on connaisse la prononciation !), 5) une partie
"boule de neige", avec des phrases reprenant à la fois les
expressions de la leçon et d'autres vues dans des leçons
précédentes, et enfin 6) une partie dialogue. C'est assez ardu, il
faut s'accrocher, mais c'est vraiment efficace : on apprend vraiment
beaucoup de tournures idiomatiques, "en situation", comme
"gai ni" (c'est à toi, c'est ton tour) "jieshou"
(aller aux toilettes), "ren shan ren hai" (une foule de
gens), "zou ma guan hua" (jeter un regard inattentif),
etc... 265 F |
Une
trouvaille! |
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Les
Contes choisis Chinois-français. Bernard Spicq. Éditions
L'Harmattan. 209 p. (1999).
On
pourrais s'attendre à des contes chinois, mais au contraire, ce sont
en majorité des contes occidentaux, ou bien connus en occident,
traduits en chinois, par exemple Cendrillon (Hui Guniang), Aladin et
la lampe magique (Alading he shen deng). C'est attrayant, pas trop
difficile, et on apprend beaucoup de vocabulaire. Chaque page comprend
: en haut le texte chinois avec le pinyin ligne par ligne, et en bas
le texte français. A la fin de l'ouvrage, le vocabulaire utilisé est
repris dans un lexique. 130 F.
En
espérant que ces renseignements vous seront utiles.
Amitiés.
Jacques
Mai 2001
INRA, Centre Antilles-Guyane |
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Nos sincères remerciements
à Jacques Fournet pour cette collaboration. À votre tour maintenant d'ajouter votre petit
texte. Ne nous privez pas de votre expérience. Même quelques mots feront l'affaire. Je
m'arrangerai pour en faire le traitement et les intégrer à cette page. Partagez un truc
ou une astuce qui marche pour vous. Au plaisir de vous lire!
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