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Texte 12. Sœur
Fleurette,
Québec
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Il n'y a qu'une
façon d'apprendre une langue : celle de l'enfant qui écoute
pendant de longs mois pour enfin reproduire les sons entendus et
formes dans son inconscient puisque, dit-on, "le concept fait
partie de l’inconscient". Sœur Fleurette
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Ce n’est pas si chinois qu’on
le croit
par Sœur Fleurette
J'enseigne le mandarin,
particulièrement à des couples qui se préparent à aller chercher un
enfant en Chine.
L'enseignement des langues française, anglaise et chinoise dans diverses
cultures m'a rendue très curieuse de la diversité et des ressemblances
dans l’apprentissage langagier, pour en arriver au constat qu'il n'y a
qu'une façon d'apprendre une langue : celle de l'enfant qui écoute
pendant de longs mois pour enfin reproduire les sons entendus et formes
dans son inconscient puisque, dit-on, "le concept fait partie de
l’inconscient".
Ça semble trop simple?
C'est effectivement simple! L'idée d'une chose étant universelle, elle
s'inscrit ainsi dans l’inconscient.
Le lien sonore qui fait une langue est simplement affaire d'écoute,
pourvu que l’apprenti-parleur garde le lien avec le concept universel ou
l’idée de la chose inscrite dans son inconscient, sans rapport de
traduction avec une langue apprise précédemment. C'est simple, mais pour
les adultes que nous sommes, la simplicité est difficile: nous nous
détachons difficilement de ce que nous connaissons déjà pour aller vers
du nouveau.
Cette méthode d'apprentissage d’une langue seconde s'applique
particulièrement, il me semble, à l'étude du mandarin.
La langue mandarine parlée et sa reproduction écrite sont deux systèmes
qui demandent des apprentissages différents dont le seul lien est le
concept, l’idée de la chose étant reproduite par l’écriture d'images
symboliques, ce qui élimine les tracas de la syntaxe française.
«Comment s'érige donc cette tour de Babel linguistique?» me demande un
élève. Un ancêtre a attribué un son à un symbole pour la communication
orale du concept.
Les enfants Chinois apprennent les sons uniquement par l’écoute, ce que
font tous les enfants du monde. Pour les petits Chinois, l’écoute est
simplifiée car a chaque idée correspond un seul son. Ce n'est qu'au
primaire qu'ils apprennent à reproduire ce son en image, reproduire
simplement sans les tracas de la conjugaison des verbes, des genres, des
mots abstraits, en oubliant presque les complications grammaticales.
Je crois que les tracas que nous donne la langue française ont développe
des réseaux neuronaux particuliers qui nous conduisent peut-être à
tourner en rond dans notre tête.
Que développe chez l’élève l’apprentissage du mandarin? La mémoire:
mémoire auditive, bien sûr, avec la complication tonale dont je n'ai pas
parle, mémoire visuelle, avec l’écriture essentiellement graphique. La
mémorisation est l’outil central de l’éducation en Chine.
Montréal, Canada, janvier 2007 |